Le médecin philosophe né à Saint-Malo, il y a 300 ans, meurt en exil.
Il est "postérieur à Jean Meslier [1] et précède d'Holbach et L'Encyclopédie", comme le rappelle Jocelyn Bézecourt qui m'a fait l'amitié de préfacer mon livre édité chez l'Harmattan dans la collection Hippocrate et Platon.
La Mettrie avait en effet engagé le combat philosophique avant que les philosophes du XVIIIe siècle ne fussent statufiés, mais il disparut prématurément et on ne peut pas dire que certains de ses illustres successeurs aient reconnu leur dette.
En 1966, Gérard Delaloye soulignait dans sa préface de L'Homme machine (chez J.-J. Pauvert) le silence qui entourait encore le médecin philosophe pamphlétaire dont la vie avait été cependant consacrée, disait-il, au progrès de l'humanité. Il y voyait la preuve que La Mettrie "a eu raison contre les dévots de tous les temps". L'Homme machine qui fut livré aux flammes [2] en 1748 a connu de nombreuses rééditions dans la seconde moitié du XXe siècle, tandis que son auteur – vilipendé plus que de raison – sortait peu à peu de l'oubli.
Soulignons à notre tour la grande discrétion qui a entouré ce qui aurait dû être en 2009 la célébration du tricentenaire de sa naissance, un silence qui permet de jauger l'esprit de notre temps…
[1] Il s'agit du curé d'Etrépigny dans les Ardennes (1664-1729).
[2] Dans son Dictionnaire critique, littéraire et bibliograhique des principaux livres condamnés au feu, supprimés ou censurés (Paris, 1806), G. Peignot se croyait obligé d'ajouter : "et il le méritait bien"
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Ce site n'entend pas faire double emploi avec le livre qui retrace une vie mouvementée… Il n'est pas non plus purement promotionnel puisqu'il offre à la curiosité du visiteur la transcription de quelques textes représentatifs de la pensée lamettrienne. Par ailleurs, il établit des liens vers d'autres ouvrages du même auteur ou de la même collection et au-delà, vers des œuvres médicales et/ou philosophiques de la même veine, sur des sujets qui peuvent être très actuels.
Quoi de plus actuel – disons plus intemporel – que la liberté de penser ?[1]
[1] "Il ne suffisait pas que la raison fût l'esclave du corps, on lui a encore mis le frein des lois. Et malheur à qui ose penser !", Ouvrage de Pénélope, Fayard, 2002, p. 309.
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Voici le texte de la quatrième de couverture :
« Je veux dire librement ce que je pense », proclamait l’auteur de L’Homme machine. On comprend qu’il ait autant dérangé ses contemporains et que malgré l’éloge qu’avait fait de lui le roi de Prusse Frédéric II, auprès de qui il a fini ses jours, la postérité ne l’ait guère épargné : il n’a jamais cessé de combattre le charlatanisme, les préjugés et l’intolérance.
C’est que La Mettrie était à la fois médecin et philosophe. En examinant tout ce qui dans sa pensée est lié à la pratique médicale, on voit se dessiner avec plus de netteté un moment souvent méconnu de l’histoire de la médecine : la querelle qui a opposé les médecins et les chirurgiens alors que la chirurgie commençait à gagner ses lettres de noblesse.
Mais ce livre, écrit à la veille du tricentenaire de la naissance du philosophe malouin, est davantage qu’un état des lieux historique et biographique. Il explore la manière dont La Mettrie a pris part à ce qui sera le combat idéologique des Lumières et ajouté, avec une interprétation du monde mécaniste, matérialiste et athée, un épisode nouveau à la longue conquête de la rationalité dans laquelle sont associées dès l’origine la philosophie et la médecine." |